Aker Fassi : une couleur née des fruits et des fleurs
Le terme Aker Fassi s’écrit en arabe عكر فاسي. Le mot ʿakr (عكر) renvoie à une matière colorante ou troublée, tandis que Fassi (فاسي) signifie « originaire de Fès ». L’expression désigne donc littéralement un pigment colorant issu de la tradition fassie.
De quoi se compose l’Aker Fassi ?
Le coquelicot
Le coquelicot sauvage — Papaver rhoeas L. — est une plante herbacée plante (à tige souple) de la famille des Papaveraceae, commune dans le bassin méditerranéen et dans les zones tempérées d’Europe et d’Afrique du Nord.
Longtemps, il n’a pas été une “plante de soin” au sens moderne. Il était surtout une plante du quotidien, connue pour ses usages simples comme les infusions ou les préparations calmantes pour les peaux sensibles.
Ce que la science confirme aujourd’hui, c’est que cette intuition n’était pas vaine.
Les pétales de coquelicot contiennent naturellement des flavonoïdes (molécules naturelles aux propriétés protectrices et antioxydantes) , des composés phénoliques (famille de molécules végétales connues pour protéger les cellules) et des anthocyanes (pigments naturels responsables des teintes rouges et roses des plantes), pigments responsables de sa couleur intense. Ces molécules sont aujourd’hui bien documentées pour leur rôle antioxydant dans le monde végétal, protégeant la plante contre les agressions extérieures.
Les extraits de coquelicot ont été étudiés pour leurs effets conditionnants (aident la peau à rester douce, souple et confortable) sur l’épiderme, notamment pour maintenir la peau en bon état, en favorisant une nutrition cellulaire saine, et en neutralisant le stress oxydatif (déséquilibre causé par la pollution, le soleil ou le stress, qui accélère le vieillissement de la peau) grâce aux flavonoïdes et aux phénols, ce qui aide à préserver l’élasticité et la vitalité cutanée.
La grenade
Originaire du plateau iranien, cultivé depuis plus de 5 000 ans et diffusé partout autour de la Méditerranée, le grenadier est profondément ancré dans les cultures d’Afrique du Nord. On retrouve son fruit, la grenade dans les textes antiques, les fresques, les récits symboliques de la Méditerranée, du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Elle est associée à la fertilité, à la régénération, à la continuité de la vie — parce qu’elle renferme, sous une écorce épaisse, une multitude de graines.
Les usages traditionnels sont multiples (alimentaires, médicinaux, etc.). On utilisait l’écorce, le jus, les graines, parfois l’huile extraite du fruit, sans toujours distinguer leurs propriétés — mais avec la certitude que ce fruit rosé fortifiait.
Aujourd’hui, sa petite diversité de composés phytochimiques est très étudiée :
Polyphénols (antioxydants végétaux) puissants : notamment les ellagitannins comme les punicalagines — qui sont parmi les antioxydants les plus actifs dans le règne végétal (et qui se trouvent surtout dans la peau du fruit).
Anthocyanines : pigments à la fois responsables de la couleur profonde du fruit et de son activité protectrice face au stress oxydatif.
Acides organiques et vitamines (vitamine C, acide gallique, acide ellagique) qui contribuent à l’hydratation et à la régénération de la peau.
Acides gras insaturés dans l’huile de graines (acide punicique, oléique, linoléique), qui ont des effets antioxydants et apaisants.
Les recherches scientifiques compilent ainsi plusieurs effets antioxydants et anti-inflammatoires, qui aident à protéger la peau du stress environnemental et à réduire l’inflammation. De plus, grâce aux lipides qu’elle contient, elle assure une bonne hydratation de la peau. Bien que certaines applications nécessitent encore des études cliniques plus vastes, l’abondance des données positionne la grenade comme une actrice naturelle de choix dans les formulations équilibrées et respectueuses de la peau.
Ainsi, le coquelicot et la grenade ne sont pas des découvertes récentes. Ils ont traversé les siècles bien avant d’entrer dans les laboratoires, parce qu’ils répondaient aux besoins d’apaiser, de nourrir et de protéger. La recherche scientifique ne fait aujourd’hui que mettre des mots, des structures et des mécanismes sur ce que l’observation humaine avait déjà compris. Elle ne remplace pas l’histoire de ces plantes, mais la confirme.
— Âda